Dans un entretien accordé à NPR, Darcie Lanthier explique qu'à l'Île-du-Prince-Édouard, au Canada, le loyer d'un appartement ne peut augmenter que d'un pourcentage fixé chaque année, mais qu'un locataire qui vient d'emménager ne peut pas savoir si le loyer est légal sans connaître ce que le locataire précédent payait. Elle raconte qu'elle a d'abord pensé à encourager les gens à écrire à leur ancienne adresse, avant de comprendre qu'ils devaient fournir davantage d'informations.
Elle a donc conçu une carte de la taille d'une carte de Noël. Au recto, on peut lire « Payez-vous un loyer trop élevé ? » ; à l'intérieur, un espace est prévu pour la date de départ de l'ancien locataire et le loyer qu'il payait, ainsi que des « informations très directes sur la manière exacte de résoudre le problème », notamment comment déposer un formulaire pour faire ramener le loyer à la limite légale. L'ancien locataire remplit deux éléments et l'envoie par la poste ou le dépose à l'ancienne adresse. S'il est parti alors que le loyer était de 1 200 $ et que le locataire actuel paie 1 500 $, le trop-perçu est visible immédiatement.
La première carte a été livrée par une amie à elle, et elle correspondait exactement à ce cas de figure : selon Lanthier, le locataire actuel récupérerait probablement environ 5 400 $ de loyer trop payé et verrait son loyer ramené à la limite légale. Elle ajoute que les propriétaires qui respectent les règles étaient contents de la voir, car ils n'aimaient pas que leur réputation soit ternie par ceux qui ne les respectent pas, et que les propriétaires qui rénovent peuvent demander une augmentation non standard.
Le compte Twitter @apartmentold, ouvert quatre jours avant l'entretien, comptait un peu plus de 10 000 abonnés (elle en avait environ 2 600 sur son compte personnel après dix ans). Des gens de partout aux États-Unis lui ont écrit, et un groupe à Montréal prévoyait de tenter la même chose.
La preuve d'une hausse de loyer illégale se trouve chez le locataire précédent ; elle a donc créé une carte à deux cases à remplir qui porte ce chiffre jusqu'au nouveau locataire.
L'ancien locataire est la seule personne qui connaît le dernier loyer légal, et il n'a aucune raison de le taire une fois qu'on le lui demande.
Une carte préimprimée avec deux cases à remplir prend une minute, si bien que le coût pour l'expéditeur est presque nul.
Les instructions imprimées sur la manière de déposer le formulaire transforment une découverte en une réduction et un remboursement de loyer effectifs.
Les propriétaires qui respectent les règles n'ont aucune raison de s'y opposer, ce qui émousse les réticences.
Lorsqu'une règle est inapplicable parce que l'information est détenue par la mauvaise personne, il faut construire le canal le moins coûteux possible pour la transmettre à la personne ayant qualité pour agir.
Suites
Au moment de l'entretien avec NPR, la carte avait été remise en main propre par des bénévoles et le compte Twitter du projet avait dépassé les 10 000 abonnés en quatre jours. Lanthier indique qu'un groupe à Montréal prévoyait d'organiser quelque chose de similaire sur le terrain. L'entretien ne rapporte pas combien de locataires de l'Île-du-Prince-Édouard ont finalement déposé un formulaire ou récupéré de l'argent.
VÉRIFIEZ LES SOURCES