Le manioc est arrivé en Asie du Sud-Est depuis l'Amérique du Sud et a poussé sans pesticides jusqu'à l'arrivée de la cochenille du manioc en 2008. Les rendements ont chuté de 60 à 80 %, les agriculteurs ont défriché la forêt pour gagner des terres supplémentaires, et le prix de l'amidon de manioc en Thaïlande, premier exportateur, a triplé, tandis que celui de substituts comme le maïs et la pomme de terre augmentait aussi.

Le remède était l'ennemi naturel de la cochenille en Amérique du Sud, une guêpe parasitoïde de 1 mm, Anagyrus lopezi, très sélective dans l'utilisation de la cochenille comme hôte pour ses larves. Elle a été introduite sur les terres agricoles thaïlandaises fin 2009. À la mi-2010, selon le chercheur Kris Wyckhuys, les guêpes étaient élevées par millions et relâchées en masse dans toute la Thaïlande, y compris par avion.

La même guêpe avait fonctionné en Afrique de l'Ouest au début des années 1980, faisant passer le nombre de cochenilles de plus de 100 par extrémité de manioc à moins de 10-20, et s'était répandue sur plus de 200 000 kilomètres carrés dans le sud-ouest du Nigeria en moins de trois ans.

Trouver l'ennemi naturel du ravageur dans son pays d'origine et le relâcher en masse, pour qu'une guêpe de 1 mm fasse ce que les pesticides ne pouvaient pas faire.

La guêpe ne s'attaque qu'à la cochenille du manioc, elle ne devrait donc pas nuire à d'autres espèces.

Le ravageur était arrivé sans aucun ennemi naturel pour le contenir.

L'élevage en masse et le lâcher aérien ont couvert rapidement de grandes surfaces.

La même solution avait déjà fait ses preuves en Afrique de l'Ouest.

La lutte biologique classique fonctionne lorsque l'ennemi est spécifique à son hôte et que le ravageur est arrivé sans son prédateur.

Wyckhuys a déclaré à la BBC en 2020 qu'il avait calculé le bénéfice pour les agriculteurs de 26 pays d'Asie-Pacifique à 14,6 à 19,5 milliards de dollars par an, et a indiqué qu'il n'existe pas de données détaillées sur la vitesse à laquelle les populations de cochenilles ont diminué en Thaïlande. Le même article souligne que la lutte biologique peut mal tourner, comme avec les crapauds buffles introduits en Australie en 1935 contre l'avis scientifique.

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Les sources

  1. The tiny parasitic wasp that saved an industry BBC Future · bbc.com ·