En septembre 2026, Cloudflare a annoncé son intention d'émettre des certificats TLS résistants aux ordinateurs quantiques, devenant ainsi l'une des premières autorités à le faire. L'obstacle était la taille : les versions post-quantiques des certificats X.509 actuels ajouteraient environ 40 fois plus de données à chaque poignée de main TLS — « cela casserait l'Internet tel que nous le connaissons », a écrit l'entreprise.

La voie de sortie est un remplacement architectural plutôt qu'un simple changement d'algorithme. Annoncés par Google en février et testés lors de pilotes limités par Google et Cloudflare, les Merkle Tree Certificates utilisent des hachages hiérarchiques afin qu'une autorité de certification ne signe qu'une seule « tête d'arbre » pouvant représenter des millions de certificats ; dans la plupart des cas, un navigateur traite un « repère », une preuve légère attestant qu'un certificat se trouve quelque part dans l'arbre.

La conception fusionne deux systèmes en un. Aujourd'hui, les certificats doivent aussi être publiés dans des journaux de transparence en ajout seul — une réaction au piratage de DigiNotar en 2011, qui avait fabriqué 500 faux certificats Google — mais la journalisation est distincte de l'émission. Avec les Merkle Tree Certificates, déclare l'ingénieure Mari Galicer, « la transparence devient une exigence de fonctionnement, plutôt qu'un ajout », ce qui comble la faille que des attaquants quantiques pourraient exploiter pour forger des horodatages de certificats signés.

Pour que les certificats soient reconnus partout, Cloudflare acquiert une racine établie auprès de GlobalSign et émettra gratuitement des certificats hybrides classiques et post-quantiques aux utilisateurs payants comme non payants, avec un renouvellement automatisé via ACME et une livraison hors bande des signatures (par mises à jour du navigateur) comme solution de repli. L'entreprise s'est engagée publiquement sur ce travail, l'émission des certificats devant commencer au premier trimestre 2027.

Ne pas enchaîner les signatures résistantes aux ordinateurs quantiques — remplacer la chaîne elle-même : une seule tête d'arbre signée couvre des millions de certificats, vérifiée par une petite preuve de repère.

Cela résout le problème de taille qui rendait les certificats web post-quantiques apparemment irréalisables : les preuves restent d'environ 40 Ko au lieu d'un gonflement d'un facteur 40.

L'émission et la journalisation de transparence sont couplées, de sorte qu'un certificat ne peut pas exister sans être journalisé — ce qui ferme une surface de falsification que des ordinateurs quantiques pourraient exploiter.

L'acquisition d'une racine GlobalSign déjà reconnue contourne les années nécessaires à l'établissement de la confiance dont les nouvelles autorités de certification ont normalement besoin.

Un déploiement gratuit, hybride et activable d'un simple geste vise l'ubiquité sur des millions de sites web, et non un niveau entreprise premium.

Lorsqu'une mise à niveau nécessaire est trop volumineuse à livrer, il faut repenser ce qui doit être transporté : la solution n'était pas des signatures plus fortes, mais une structure de données qui prouve l'appartenance sans transmettre toute la chaîne.

Cloudflare a indiqué qu'elle n'émettait pas encore de certificats et qu'elle partagerait publiquement les étapes franchies tout en travaillant avec les programmes de racines et la communauté WebPKI ; l'émission devait commencer au premier trimestre 2027 dans le cadre d'une refonte pluriannuelle de l'authentification des sites web.

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Les sources

  1. Cloudflare plans to issue quantum-safe TLS certificates Ars Technica · arstechnica.com ·